Depuis l’entrée en vigueur de la loi Kasbarian-Bergé, propriétaires et locataires s’interrogent encore sur ce que change réellement la nouvelle loi loyer impayé en 2026. Aucun grand texte n’est venu remplacer cette loi de 2023, mais des décrets d’application et une jurisprudence de plus en plus fournie en précisent chaque année les contours. Comprendre ce cadre légal est devenu indispensable, que l’on soit bailleur confronté à un impayé ou locataire en difficulté de paiement.
À retenir
- La loi Kasbarian-Bergé de 2023 reste la base légale en 2026 pour les loyers impayés.
- Le commandement de payer est l’étape obligatoire avant toute procédure judiciaire.
- Les délais de résolution ont été raccourcis pour accélérer la procédure.
- La trêve hivernale continue de suspendre les expulsions, sauf exceptions prévues par la loi.
- La garantie loyer impayé reste l’outil de prévention le plus efficace pour le propriétaire.
Que change la loi Kasbarian-Bergé pour les loyers impayés ?
Votée le 27 juillet 2023, la loi dite « anti-squat » ou loi Kasbarian-Bergé a modifié en profondeur le traitement des loyers impayés en France. Son objectif principal est de réduire les délais entre le premier incident de paiement et la décision de justice, tout en distinguant clairement le squat du simple impayé locatif. En 2026, ce texte continue de structurer l’ensemble de la procédure, même si certaines commissions parlementaires évoquent régulièrement de nouveaux ajustements.
Concrètement, la loi a renforcé les obligations du locataire dès la réception du commandement de payer et a resserré le calendrier judiciaire. Elle a aussi durci les sanctions pénales applicables en cas d’occupation illicite d’un logement, un sujet distinct de l’impayé classique mais souvent confondu par le grand public.
Quelles sont les étapes de la procédure en cas de loyer impayé ?
Le commandement de payer, point de départ obligatoire
Toute procédure débute par un commandement de payer délivré par un commissaire de justice (l’ancien huissier). Ce document formalise la dette et rappelle la clause résolutoire présente dans la majorité des baux d’habitation. Le locataire dispose d’un délai d’environ six semaines pour régulariser sa situation avant que le bailleur ne puisse saisir le tribunal. Avant même cet acte, beaucoup de propriétaires tentent une démarche amiable, en s’appuyant par exemple sur notre modèle de lettre type pour locataire mauvais payeur.
La clause résolutoire et l’assignation en justice
Si le commandement de payer reste sans effet, le bailleur peut assigner le locataire devant le juge des contentieux de la protection. Une phase de conciliation est désormais quasi systématique avant l’audience, dans le but de trouver un plan d’apurement de la dette. Le juge peut accorder des délais de paiement supplémentaires au locataire, mais il constate aussi souvent la résiliation du bail lorsque la mauvaise foi est manifeste. La procédure complète, du commandement à la décision, est détaillée pas à pas dans notre guide sur comment expulser un locataire mauvais payeur.
L’expulsion et la trêve hivernale
Une fois la décision d’expulsion obtenue, le propriétaire doit encore faire délivrer un commandement de quitter les lieux, puis solliciter le concours de la force publique si le locataire ne part pas volontairement. La trêve hivernale, du 1er novembre au 31 mars, continue de suspendre les expulsions locatives classiques. Depuis la loi de 2023, les squatteurs identifiés comme tels n’en bénéficient plus, ce qui distingue nettement leur sort de celui d’un locataire simplement en défaut de paiement.
Quels sont les délais réduits par la nouvelle réglementation ?
La nouvelle loi loyer impayé a resserré plusieurs délais qui allongeaient auparavant les procédures de plusieurs mois. Le délai laissé au locataire pour répondre au commandement de payer est passé de deux mois à environ six semaines dans la majorité des situations. Les principaux jalons du calendrier ressemblent désormais à ceci :
- Commandement de payer : délai de réponse d’environ six semaines.
- Assignation en justice : audience fixée généralement sous deux à trois mois.
- Commandement de quitter les lieux : deux mois après la décision définitive.
- Concours de la force publique : délai variable selon les préfectures, souvent plusieurs semaines.
Dans la pratique, la durée totale d’une procédure reste néanmoins longue, souvent supérieure à un an lorsque le locataire multiplie les recours ou bénéficie de délais de grâce accordés par le juge.
Comment se protéger avant même l’impayé ?
La meilleure façon de gérer un loyer impayé reste encore de l’anticiper. La souscription d’une assurance dédiée permet de sécuriser les revenus locatifs sans attendre l’issue d’une procédure judiciaire, souvent longue et incertaine. Notre guide sur la garantie loyer impayé et ses conditions pour le locataire en 2026 détaille les critères d’éligibilité exigés par les assureurs. Revenus, type de contrat de travail ou encore taux d’effort du locataire sont systématiquement examinés avant la souscription.
En amont de la signature du bail, de nombreux propriétaires cherchent aussi à vérifier les antécédents d’un candidat locataire. Les pratiques de fichage informel, notamment sur les réseaux sociaux, posent toutefois de réelles questions juridiques, comme nous l’expliquons dans notre article sur la liste noire des locataires mauvais payeurs et ce que dit vraiment la loi.
Que risque un locataire mauvais payeur ?
Au-delà de l’expulsion, un locataire mauvais payeur s’expose à plusieurs conséquences durables. La dette locative peut faire l’objet d’un recouvrement judiciaire pendant plusieurs années, avec saisie sur salaire dans certains cas. Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de fichier officiel national recensant les mauvais payeurs de loyer, mais certaines pratiques privées circulent malgré tout dans des zones grises juridiques. Notre article sur le fichier mauvais payeur loyer et son existence réelle revient en détail sur ce point souvent mal compris par les locataires comme par les propriétaires.
Un impayé répété complique également fortement la recherche d’un futur logement, les agences immobilières demandant systématiquement les quittances des années précédentes. La dette peut aussi être transmise à un organisme de recouvrement, avec des frais supplémentaires à la charge du locataire défaillant.
Notre avis
À notre sens, la loi Kasbarian-Bergé a surtout eu le mérite de clarifier une procédure devenue illisible pour beaucoup de petits propriétaires, souvent démunis face à un premier impayé. Nous recommandons toutefois de ne jamais attendre le commandement de payer pour agir : un simple appel ou un courrier envoyé dès le premier retard évite bien des situations qui s’enveniment inutilement. Le vrai bémol reste la durée totale d’une procédure judiciaire, qui dépasse encore trop souvent un an, ce qui rend la garantie loyer impayé quasi incontournable pour un investisseur locatif en 2026. Notre conseil concret : constituer un dossier locataire solide dès la signature du bail plutôt que de chercher des solutions de fichage informelles, dont l’utilité réelle nous paraît largement surestimée face aux risques juridiques qu’elles comportent.
Testez vos connaissances
- Quelle loi encadre aujourd’hui la procédure de loyer impayé en France ?
Réponse : la loi Kasbarian-Bergé du 27 juillet 2023, toujours en vigueur en 2026. - Quel est le premier acte obligatoire en cas d’impayé ?
Réponse : le commandement de payer délivré par un commissaire de justice, avant toute saisine du tribunal. - La trêve hivernale s’applique-t-elle aux squatteurs depuis 2023 ?
Réponse : non, la loi de 2023 les a exclus du bénéfice de la trêve hivernale, contrairement aux locataires simplement défaillants.
Questions fréquentes
La nouvelle loi loyer impayé s’applique-t-elle aux baux signés avant 2023 ?
Oui, la loi Kasbarian-Bergé s’applique à tous les baux en cours, quelle que soit leur date de signature, dès lors que la procédure de recouvrement est engagée après son entrée en vigueur en juillet 2023.
Un propriétaire peut-il expulser lui-même un locataire mauvais payeur ?
Non, l’expulsion sans décision de justice et sans concours de la force publique est strictement interdite et constitue une infraction pénale, même lorsque la dette locative est avérée et documentée par le bailleur.
Combien de temps dure en moyenne une procédure pour loyer impayé en 2026 ?
Malgré les délais raccourcis par la loi de 2023, une procédure complète dure encore souvent entre huit mois et un an, notamment lorsque le locataire sollicite des délais de paiement supplémentaires devant le juge.
La garantie loyer impayé couvre-t-elle tous les locataires ?
Non, les assureurs appliquent des critères stricts liés aux revenus et à la stabilité professionnelle du locataire, ce qui exclut de fait certains profils comme les indépendants récents ou les contrats précaires.